Migraine chez les femmes : une réalité fréquente et encore sous-estimée

La migraine touche entre 12 et 15 % de la population mondiale. Les femmes sont proportionnellement plus concernées, avec une prévalence estimée entre 20 et 25 %, contre 5 à 10 % chez les hommes¹.

Si les chiffres mondiaux donnent une tendance, ils ne disent pas tout du quotidien des femmes concernées.
En Belgique, 338 femmes âgées de 18 à 70 ans vivant avec la migraine ont partagé leur expérience dans le cadre d’une enquête européenne menée par l’European Migraine & Headache Alliance (EMHA), en collaboration avec l’association de patients Hoofd-Stuk vzw.

Un impact significatif sur la vie professionnelle et personnelle

Les résultats belges mettent en évidence une charge importante2:

  • Près de 90 % des participantes déclarent que leurs crises ont déjà limité leur capacité à travailler, étudier ou assurer leurs activités quotidiennes.
  • 37 % rapportent des maux de tête au moins 9 jours par mois
    • 24,6 % entre 9 et 14 jours
    • 12,4 % 15 jours ou plus
  • Une majorité décrit des symptômes associés tels que des nausées et une forte sensibilité à la lumière.

Pour une proportion significative des répondantes, la migraine est donc une condition récurrente.

Dans notre saison de podcast consacrée à la migraine, une patiente évoquait l’impact concret de ses crises sur sa vie familiale et professionnelle : nécessité de s’isoler dans l’obscurité, difficulté à se concentrer, impossibilité d’être présente à certains moments importants. Un vécu qui semble être partagé par les répondantes. 


Un diagnostic et une prise en charge encore incomplets

Malgré cet impact :

  • Seules 50,9 % des participantes indiquent avoir reçu un diagnostic formel de migraine.2
  • 62,7 % ont consulté un médecin.2
  • 43,7% déclarent ne pas avoir reçu de traitement spécifique.2
  • 84,9 % indiquent s’auto-traiter. 2

Lorsque des traitements sont prescrits, leur efficacité est jugée variable.2 Ces éléments font écho à la littérature scientifique, qui souligne que la migraine reste encore sous-diagnostiquée et parfois insuffisamment prise en charge, en particulier chez les femmes³.

Une affection neurologique influencée par des facteurs hormonaux

La migraine n’est pas un simple mal de tête. Il s’agit d’une affection neurologique complexe, impliquant des mécanismes neurovasculaires, pouvant durer de quelques heures à plusieurs jours4.

Certaines études indiquent que les crises sont en moyenne plus longues et plus fréquentes chez les femmes que chez les hommes5.

L’enquête belge met également en évidence la dimension hormonale2:

  • 65% des répondantes rapportent un antécédent familial 
  • Une proportion importante identifie un lien entre les crises et le cycle menstruel
  • 58% expriment le souhait de recevoir davantage d'informations sur le lien entre hormones et migraine 

Pourtant, seule une minorité déclare avoir bénéficié d'une information ou d'une prise en charge spécifique liée à cette dimension.2

 

Mieux comprendre pour mieux accompagner

Les données issues de cette enquête européenne apportent un éclairage concret sur la réalité vécue par les femmes en Belgique.

Mieux informer, mieux diagnostiquer et mieux structurer les parcours de soins constituent des leviers importants pour améliorer la reconnaissance et l’accompagnement des patientes. 

 

Pour en savoir plus:

 

Cet article a pour objectif de contribuer à une meilleure compréhension de la migraine. Il ne se substitue pas à un avis médical et n’a pas vocation à formuler des recommandations thérapeutiques.


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